Lors d’une transaction immobilière, un accord précédant la signature de l’acte authentique est le plus souvent établi entre les parties. Permettant de sécuriser l’opération et d’en valider les termes, l’avant-contrat est un engagement important. Alors, quel est son cadre ? Comment protège-t-il les acquéreurs et les vendeurs ? Et à quoi les engage-t-il ?
Comprendre l’avant-contrat de vente en immobilier d’entreprise
Définition et rôle de l’avant-contrat
L’avant-contrat engage l’acheteur et le vendeur sur les conditions d’une future vente immobilière. Aussi appelé contrat préparatoire ou contrat de réservation, dans le cadre d’une vente en VEFA, il détermine les éléments clés de la transaction, avant signature de l’acte authentique définitif.
Son rôle est de protéger les intérêts des parties, le temps que le processus d’achat s’opère, en définissant entre autres des conditions suspensives et de rétractation, ainsi que d’éventuelles pénalités dans le cas d’un renoncement.
Promesse unilatérale de vente vs compromis de vente
L’avant-contrat de vente se présente sous deux formes :
- La promesse unilatérale de vente engage uniquement le vendeur vis-à-vis d’un acquéreur déterminé. Ce dernier dispose d’une option d’achat exclusive sur le bien immobilier, qu’il doit lever au terme d’un délai défini.
- Le compromis de vente, aussi appelé promesse synallagmatique, engage réciproquement les deux parties. Il dresse des conditions suspensives pouvant justifier l’annulation de la vente, durant un délai spécifique.
Obligations légales et responsabilités des parties
L’avant-contrat engage juridiquement le vendeur et l’acquéreur. En cas de non-respect, des pénalités peuvent s’appliquer. Dans le cadre de la promesse unilatérale de vente, l’acheteur verse une somme correspondant à une indemnité d’immobilisation (5 à 10 % du prix de vente). Elle servira de dédommagement au vendeur, dans le cas où la vente ne serait finalement pas conclue. Dans le cadre d’un compromis de vente, c’est un dépôt de garantie (5 à 10 % du prix de vente) qui est versé par l’acquéreur. Il sera restitué à l’acheteur, si la transaction échoue en raison de clauses suspensives non réalisées (obtention d’un emprunt ou d’une autorisation administrative par exemple).
Les étapes d’un avant-contrat de vente en immobilier professionnel
La rédaction du projet d’avant-contrat
La rédaction de l’avant-contrat doit être précise et exhaustive. Elle peut être réalisée sous seing privé ou par un notaire. Compte tenu des enjeux, cette seconde option est fortement recommandée en immobilier d’entreprise.
La négociation entre les parties
Avant de signer l’avant-contrat, les termes en sont évidemment négociés. Prix, délais, conditions de financement… viennent dresser le cadre de l’accord. Cette phase, listant les modalités de la transaction, est déterminante pour sécuriser un acte immobilier.
La signature de l’avant-contrat de vente
La signature formalise l’accord et implique le versement de l’indemnité d’immobilisation ou du dépôt de garantie par l’acheteur, sur un compte séquestre.
Les délais de rétractation et les conditions suspensives
En immobilier d’entreprise, le délai de rétractation légal applicable aux particuliers dans le cadre d’un achat immobilier n’existe pas. L’acquéreur s’engage pleinement dans la transaction, sans possibilité de changer d’avis. Les clauses suspensives du compromis de vente sont une manière pour l’acheteur de bénéficier d’un délai, pour sécuriser l’ensemble de son projet (obtention de financement, autorisations administratives de travaux, vente d’un autre bien…). Elles ne sont toutefois pas obligatoires.
Quels documents fournir avant la signature de l’acte de vente ?
Diagnostics techniques (amiante, DPE…)
Comme pour toute transaction immobilière, le vendeur doit fournir les diagnostics obligatoires à l’acquéreur. Le DPE (diagnostic de performances énergétiques), l’état des risques et pollution des sols, les diagnostics amiante, plomb et termites (selon les zones géographiques), ainsi que ceux des installations gaz et électriques doivent être datés et valides le jour de la signature de l’avant-contrat.
Titre de propriété et documents juridiques
Tout document juridique lié au bien (titre de propriété, servitudes, éventuels actes extrajudiciaires) sont à communiquer à l’acquéreur.
Documents relatifs à la copropriété ou à la zone d’implantation
Des documents spécifiques sont requis pour les biens situés en copropriété ou en zone d’activité (règlement de copropriété, procès-verbaux des assemblées générales des trois dernières années, situation financière…).
Comment sécuriser juridiquement un avant-contrat en immobilier d’entreprise ?
L’intérêt de faire appel à un notaire ou à un avocat spécialisé
Bien que la signature notariée ne soit pas obligatoire, elle est le plus souvent choisie par les parties, pour sécuriser juridiquement l’avant-contrat.
Garanties financières et clauses suspensives
Les clauses suspensives protègent l’acheteur en cas de refus de financement ou de non-obtention d’autorisations nécessaires à l’exploitation du bien. Les garanties financières viennent, quant à elles, sécuriser le vendeur dans le cas où la vente n’aboutirait pas
Clauses de pénalités en cas de désistement ou de retard
Le non-respect des modalités de l’avant-contrat peut entraîner des conséquences pénales, visant à dissuader tout désengagement abusif.
Impacts sur la fiscalité et frais liés à l’avant-contrat de vente
Comme nous l’avons expliqué précédemment, des sommes servant de garantie financière sont à verser au moment de la signature de l’avant-contrat, pour sécuriser l’engagement. De 5 % à 10 % du montant du bien, elles doivent être anticipées par l’acquéreur. De même, lorsqu’un notaire est impliqué dans le processus, des frais peuvent être appliqués.
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Questions fréquentes sur l’avant-contrat de vente
Quelle est la différence entre un compromis et une promesse de vente ?
Le compromis de vente ou acte synallagmatique engage les deux parties, tandis que la promesse unilatérale de vente engage principalement le vendeur.
Que se passe-t-il si l’une des conditions suspensives n’est pas remplie ?
Dans le cas où l’acheteur ne parviendrait pas à remplir toutes les conditions dressées dans l’avant-contrat, celui-ci deviendrait caduc, sans pénalité pour l’acquéreur.
Faut-il obligatoirement passer par un notaire pour un avant-contrat de vente ?
Non, mais y recourir est vivement conseillé pour sécuriser l’opération.
Quel est le délai de rétraction après la signature d’un avant-contrat de vente ?
Aucun délai de rétractation n’est prévu dans le cadre de transactions en immobilier d’entreprise.
Sources officielles :
Notaires de France : https://www.notaires.fr/fr/immobilier-fiscalite/achat-et-vente-les-etapes/la-promesse-de-vente-et-le-compromis-de-vente



